Fathi Mira : Qui êtes-vous ?
Je suis quelqu'un qui s'épanouit depuis 25 ans grâce à la savate. Je suis entraîneur national des équipes françaises seniors de combat pour la Fédération française de savate, conseiller technique national et entraîneur/coordinateur du Pôle France Francilien de la CDFAS à Eaubonne, et j'entraîne de nombreux champions, dont Mohamed Diaby, Tony Ancellin, Slimane Sissoko, Kévin Monza et Mike Lambret.
J'ai été entraîneur/coordinateur du Pôle France INSEP pendant 4 ans, entraînant des champions tels qu'Amri Madani, Farid Khider, Ludovic Fornès, Djibrinne Fall-Télémaque, Ingrid Graziani, Aziza Oubaïta, Laurent Faubel, Enoch Effah et François Angoston.Palmarès : une fois demi-finaliste et une fois vice-champion de France senior, plusieurs fois finaliste et vainqueur de la « Coupe de France », vainqueur des « Internationaux de Paris » et des « Internationaux de l'île Maurice », le tout entre 1988 et 1994.
Comment avez-vous commencé la savate ?
J'avais 18 ans. Je voulais apprendre le kung-fu, comme Bruce Lee, mais il n'y avait pas de club dans la ville où j'habitais (Colombes) ni dans les environs. Un de mes amis pratiquait la boxe au club de Courbevoie, où enseignait le grand entraîneur Richard Genaudeau (multiple champion de France et d'Europe, qui a formé de nombreux grands champions comme Robert Paturel, Marc Guérin, Patrice Beaux, Jean-Pierre Riboulet, les frères Bangui), et un jour, il m'a emmené avec lui pour essayer ce sport. J'ai tout de suite été conquis. J'ai commencé à m'entraîner, puis à faire de la compétition. Ensuite, j'ai obtenu mon diplôme d'instructeur au sein de mon club de Courbevoie, puis un BEES1 à l'INSEP.
Lors des Internationaux de l'île Maurice, j'ai été opposé à un boxeur local très connu, champion de l'océan Indien et très apprécié du public. Il était le grand favori du tournoi et tout le public était contre moi. Mais la situation s'est rapidement inversée lorsque le public a vu que je prenais l'avantage. À la fin du combat, tout le monde me soutenait ! La
savate est-elle votre métier ou votre passion ?
Sans hésitation, la savate est ma grande passion. C'est aussi une source de revenus, mais c'est avant tout ma passion, c'est toute ma vie ! Aujourd'hui, j'entraîne de jeunes compétiteurs. Ayant été à leur place avant eux, j'essaie de leur donner le meilleur. Le plus important, c'est la confiance mutuelle qui existe entre nous. Ils comptent sur moi pour les aider à atteindre leurs objectifs et je donne tout pour les aider dans leur double projet. Nous entretenons une confiance mutuelle, mais il y a aussi des sentiments forts, nous partageons des moments intenses ensemble, bons ou mauvais. Quand ils gagnent, je gagne, et quand ils perdent, je perds.
Quel est votre lien avec la savate aujourd'hui ?
Aujourd'hui, je vis la savate à travers les jeunes dont je m'occupe. Je me suis éloigné de notre sport depuis que je suis entraîneur et j'ai remarqué que les jeunes comptent beaucoup sur moi. Mon rôle est désormais de m'assurer qu'ils deviennent indépendants. Ils doivent savoir que je suis là pour eux, pour les accompagner dans leur progression, mais je ne veux pas qu'ils se sentent seuls si je ne suis pas là pour l'un de leurs combats.
Que pensez-vous des rencontres internationales de savate ?
L'histoire est simple : il y a maintenant de plus en plus de concurrents en combat et en assaut, les étrangers sont déterminés et veulent gagner, leur niveau technique est meilleur, mais ils ont de grandes lacunes au niveau tactique. En ce qui concerne l'arbitrage, je pense que les jeunes arbitres internationaux doivent se perfectionner, et de toute façon, ils doivent apprendre « sur le tas » pendant les compétitions internationales, mais ils sont en général plus ouverts d'esprit que les Français et ils interrompent moins les combats.
Quelles sont vos perspectives d'avenir ?
Aujourd'hui, je veux continuer, mais d'ici peu, je céderai ma place à quelqu'un qui apportera quelque chose de nouveau à mon travail. Ce jour-là, pourquoi ne pas essayer de former les entraîneurs et d'aider au développement international (expertise pour les séminaires internationaux de haut niveau).
Avez-vous autre chose à ajouter ?
Oui, j'aimerais juste ajouter que chaque fois que je vais à l'étranger, en tant qu'entraîneur ou athlète, j'ai toujours été très bien accueilli par les étrangers. Ils sont ravis de faire découvrir la savate dans leur pays, ce qui est un exemple pour nous !
Je tiens à remercier mes entraîneurs et les personnes qui m'ont donné ma chance.
36