Mais la principale raison pour laquelle j'ai continué à pratiquer la canne de combat, c'est que je suis mariée à Alain Descorsier ; il consacre sa vie à la canne, il m'était donc difficile d'y échapper. La
canne est-elle un métier ou une passion pour vous ? Comme tout le monde le sait, la canne n'est pas un sport professionnel ; la canne est donc une passion pour moi. C'est Alain qui m'a transmis le virus. Maintenant, c'est à moi de transmettre mon savoir : j'ai créé mon propre club début 2011 !
Quelle est votre relation avec la canne ? Ma relation avec la canne a changé lorsque j'ai cessé d'être active sur la scène nationale et internationale. En effet, lorsque j'étais compétitrice, je ne pensais qu'à la compétition, à la condition physique, etc. Maintenant que j'ai obtenu mon Brevet d'État, les choses ont changé : je m'implique davantage dans le développement de ce sport en enseignant dans plusieurs clubs et en participant à des journées multisports organisées par différentes villes de l'île.
Que pensez-vous des compétitions internationales ? Je trouve que les différentes compétitions internationales sont trop rares. Je trouve que le fait que les championnats du monde et d'Europe n'aient lieu que tous les quatre ans n'est pas approprié : c'est trop long pour que les étrangers puissent progresser. Les conséquences directes de cette planification de dernière minute assurent la suprématie des Français dans ce sport. Cela laisse peu de suspense quant au résultat...
Quelles sont vos perspectives d'avenir ? En tant que professeur de canne, l'avenir ne fait que commencer pour moi. Mon club est tout nouveau, mais je compte déjà un bon nombre de membres. J'apporte une petite touche personnelle à la façon dont j'entraîne mes athlètes. C'est également très excitant de voir vos membres réussir en compétition : c'est une joie et un honneur de voir que votre enseignement porte ses fruits. En tant que compétiteur, l'avenir s'assombrit de jour en jour à mesure que je vieillis. Même si avoir 44 ans n'est pas grave en soi, j'ai du mal à imaginer revenir au plus haut niveau dans ce sport.
Avez-vous quelque chose à ajouter ? Je voudrais que les officiels, qui travaillent dur pour développer ce sport, se souviennent que la canne de combat doit alimenter leur travail et être leur passion. Il est essentiel que le développement de la canne implique ses membres, ses athlètes, et soit fait pour eux. Depuis quelque temps, j'ai le sentiment que ceux qui dirigent ce sport ne sont pas tant motivés par le désir de le développer, mais plutôt par la volonté de gravir les échelons sociaux ou de se forger une réputation. Il faut garder à l'esprit que la canne de combat est un sport mineur ; avant de permettre à quiconque une quelconque ascension sociale, le sport lui-même doit être présent et donc augmenter le nombre de ses adhérents. Cela doit être le mantra que nous devons tous répéter. Pour résumer en un mot, je dirais que c'est ENSEMBLE que nous pouvons faire progresser notre sport, et seulement ENSEMBLE.
Une dernière pensée pour mon mentor : merci Alain, pour tout.
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