Un projet pour la FIS
Je me sens le devoir d'annoncer à tous ceux qui s'intéressent à la savate dans le monde entier les décisions prises par le Comité de direction (CDI) le 11 juin 2007.
L'objectif principal du Comité de direction de la FIS (CDI) est de devenir membre de l'Association générale des fédérations sportives internationales (GAISF) basée à Monaco.
Dans le « monde sportif », l'adhésion à la GAISF est considérée comme la première étape essentielle vers la reconnaissance olympique. L'adhésion à la GAISF a une influence directe sur l'octroi de subventions aux différentes fédérations sportives de tous les pays et sur l'acceptation des fédérations nationales de savate par leurs comités olympiques nationaux.
Le CDI a décidé de demander son adhésion dès que possible. Cela signifie que nous devons soumettre notre candidature, conformément aux statuts de la GAISF, 9 mois avant leur assemblée générale. M. Davorin BUKOVAC, président de la Fédération croate de savate, qui dirige un cabinet d'avocats et est lui-même avocat, et M. Joel DHUMEZ, qui est devenu membre du CDI à Marseille, ont été chargés de cette action. Il faut reconnaître que nous sommes aujourd'hui dans une compétition (certains parlent même de « rivalité agressive » !) où le temps joue contre la savate. Néanmoins, la savate possède des atouts qui me donnent confiance en l'avenir : ses 200 ans d'histoire, son caractère éducatif, esthétique et efficace, façonné par une éthique et des valeurs, ne peuvent être comparés aux sports rivaux nés il y a quelques années.
Le dossier GAISF devrait être consolidé par l'adhésion de la savate à la Fédération internationale du sport universitaire (IFUS), basée à Bruxelles, en Belgique.
Après un premier contact avec l'IFUS, lorsque l'université de Nantes a souhaité organiser un championnat du monde universitaire officiel de savate, et plusieurs réunions avec le siège de la Fédération française du sport universitaire (FFSU), l'IFUS nous a donné rendez-vous en octobre prochain, lors de la réunion de son comité de direction, afin que nous puissions présenter notre candidature.
Il convient de noter qu'une précédente candidature avait été refusée en 2006 parce que les membres du comité de direction de l'IFUS ne connaissaient pas la savate et pensaient qu'il s'agissait d'une demande française concernant un sport « franco-français » ! Notre membre, la Fédération française de savate (FFS), travaille d'arrache-pied pour consolider cette candidature, car un nouveau vote de l'IFUS aura lieu en octobre.
C'est à la FFUS qu'il appartient de présenter la candidature, mais aujourd'hui, la FFS et l'IFUS sont systématiquement consultées afin de s'assurer qu'elle contient tout ce qui est exigé par l'IFUS.
De nombreux autres pays, outre la France, offrent également leur soutien. Lors du CDI de Marseille, j'ai pu annoncer que la Turquie avait officiellement demandé à accueillir les Championnats du monde universitaires en 2008, la France en 2010 à Nantes, la Russie en 2012 à Saint-Pétersbourg et l'Angleterre en 2014 à Cambridge. De plus, M. Piette, président de la fédération belge, et M. Walnier, DTN, m'ont assuré de leur soutien concernant l'acceptation de la savate par l'IFUS. M. Walnier comprend bien le fonctionnement de l'IFUS et la manière dont elle prend ses décisions, et il m'a rassuré quant à mes espoirs d'aboutir à un résultat positif.
Une troisième décision, soutenue à l'unanimité par le CDI, concernait la question de l'adhésion au Conseil supérieur du sport africain (CSSA), basé à Douala, au Cameroun.
Cela nous permettrait de faire reconnaître la savate comme sport officiel aux Jeux africains et de confirmer notre statut international auprès de la GAISF.
M. Alain GERNET, membre des comités de direction de la FIS et de la FFSbf&DA, a pris contact avec le CSSA pour la première fois en 2006. Le CSSA a reconnu son intérêt pour la savate et a fait part de ses attentes concernant ce sport. Il exige que nous soyons implantés dans au moins 7 pays africains.
L'Algérie, le Cameroun, Madagascar, le Maroc, le Sénégal, le Soudan et la Tunisie sont affiliés à la FIS ; l'Égypte vient de demander son affiliation.
Si la participation de la savate au sein de la CSSA est confirmée, je pense que cela facilitera la consolidation de la savate dans les pays africains et incitera de nouvelles nations à nous rejoindre.
Conformément à la volonté du CDI de renforcer la représentation de la savate au sein des instances internationales régissant le sport, il a été décidé de promouvoir l'image internationale de la savate et de briser l'idée d'un sport « franco-français ». La quatrième résolution du CDI portait sur la création de fédérations continentales.
La Fédération européenne de savate sera située à Zagreb, en Croatie. En tant que président, je contacterai les différents pays membres de la FIS afin de créer et d'établir la Fédération africaine de savate, la Fédération asiatique de savate et la Fédération américaine de savate. Elles auront non seulement pour rôle de mettre en œuvre la vie politique et sportive sur leur continent, mais aussi d'établir, de développer et de structurer la savate dans les pays qui ne disposent pas encore d'une fédération de savate.
Je pense que cette décision a été prise aujourd'hui parce que la savate entre dans une nouvelle ère ; cette initiative prise par nos pays membres en est le signe.
Notre force réside dans notre qualité :
- La qualité de nos compétitions, comme lors de notre dernier Championnat du monde de combat à Marseille, suscite l'intérêt pour la savate dans des pays où aucun stage n'a jamais été organisé (les gens en parlent sur Internet, sur leurs sites web, mais aussi lors de compétitions de sports rivaux).
- La qualité de nos athlètes, pour lesquels nous commençons à être sollicités par des organisations dans des pays comme le Japon.
- La qualité de nos valeurs, qui a incité une deuxième chaîne de télévision américaine à venir cette année pour réaliser un reportage (elle était présente à notre championnat du monde à Marseille), après les chaînes de télévision coréenne et canadienne en 2006.
- La qualité de notre démocratie, où nous écoutons attentivement les gens et leurs attentes (en référence au championnat du monde d'Assaut 2006), qui a abouti à la création d'une commission chargée de relever encore les normes déjà enviées par d'autres sports rivaux. La Fédération française de savate, avec l'accord de son ministère des Sports, a décidé de prendre la responsabilité de cette commission afin d'aider la FIS dans sa démarche de « recherche de la qualité ».
Notre unité :
- Fédérations unifiées : une seule fédération internationale ; une seule fédération nationale reconnue par la FIS dans chaque pays, et l'obligation pour chaque fédération nationale de se conformer aux statuts et aux valeurs de la savate.
- Unité de nos compétitions : un seul titre de champion du monde pour chaque catégorie de poids, en assaut ou en combat, et ce... pour le monde entier !
Il est nécessaire que nous persévérions dans cette voie. Tout est perfectible et améliorable ; nous sommes ouverts à toutes les propositions pour en faire un sport innovant. Pour beaucoup, le développement de la savate semble trop lent, mais je suis sûr que nous pouvons renforcer sa croissance internationale qui est incontestablement déjà en marche. D'autant plus que d'autres nations travaillent à la réalisation des objectifs de la FIS. Notre dernier championnat du monde a montré que la savate et les décisions qui doivent être prises appartiennent aux athlètes de savate du monde entier.
Les travaux du CDI ont également porté sur la nécessité d'améliorer la communication dans les nombreux domaines qui renforcent la savate :
- Des compétitions internationales régulières,
- Une véritable démocratie dans la gouvernance de notre sport, Une intégrité dans toutes les composantes de la savate, qu'il s'agisse de l'assaut, du combat, de la canne de combat, de la savate forme ou de la savate défense.
- Cette intégrité montre que nous évoluons dans le respect des valeurs de l'idéal olympique, valeurs qui nous ont été transmises par nos prédécesseurs, comme le baron de Coubertin, pratiquant de savate à une époque où notre sport avait sa place parmi les sports olympiques.
Une meilleure communication doit être assurée via notre site web. Le CDI souhaite développer un site attractif, donnant des informations sur les activités qui se déroulent dans le monde entier. Plusieurs personnes ont proposé d'y réfléchir, afin de produire un moyen de communication de haute qualité avec un budget très limité. Le site web doit être complété par l'espagnol et alimenté par plusieurs nations.
Enfin, le travail de la Fédération française suscite des débats qui n'échappent pas à nos amis d'autres pays. J'ai moi-même été interpellé lors du Championnat du monde à Marseille sur la question des tenues portées lors des compétitions de savate. Nos amis canadiens ont même apporté des prototypes de tenues réalisées par des « designers » à titre d'exemple.
Plusieurs pays demandent un débat international sur les vêtements de savate. Nous y réfléchissons ; il est nécessaire pour nous de donner un cadre à cette réflexion et d'entendre toutes les idées. Les vêtements de savate en compétition font partie de notre image, en particulier pour les instances internationales qui régissent le sport. Déjà, à travers le dialogue avec nos amis de la savate dans d'autres pays, il apparaît que :
- La chaussure est notre référence, elle est donc essentielle.
- Les athlètes doivent être vêtus « de la tête aux pieds », conformément aux valeurs olympiques, c'est-à-dire porter un haut et un bas.
- Une image de la savate (photo, film) doit être immédiatement identifiable comme étant de la savate, et non un autre sport !
- Les vêtements doivent être élégants pour tous.
- Les vêtements doivent être agréables à porter : si cet objectif est atteint, alors nous accélérerons notre développement !
J'espère, dans un avenir proche, pouvoir vous donner d'excellentes nouvelles sur l'avancement des travaux dans lesquels le CDI s'est engagé.
Pour cela, nous devons travailler dur et dans la même direction.
La savate doit devenir un sport reconnu par le mouvement olympique.
Remettons la savate à la place qu'elle n'aurait jamais dû quitter !
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